L'Insep à une condition

Pour #SansFiltre, Gévrise Émane revient sur sa carrière, ses moments forts, la difficulté d’allier sport de haut niveau et formation professionnelle mais aussi sa nouvelle vie.

On partage avec vous cette interview exceptionnelle.

« Le sport est rentré dans ma vie dès le plus jeune âge. J’aimais beaucoup ça, j’ai commencé par la danse en club, mais je touchais à tout à côté. J’étais assez active et je faisais d’ailleurs aussi du piano.

Le judo est venu un peu plus tard, à l’âge de 13 ans au collège, mon professeur d’EPS, Jacky Bicheux,  était professeur de judo également. J’ai tout de suite aimé et je me suis inscrite dans le club de ma ville, à Neuilly-Plaisance en région parisienne. »

Gévrise raconte que ce qu’elle aimait au départ, c’était vraiment l’esprit convivial et le fait de pouvoir battre des personnes plus grandes et même plus gradées qu’elle : « on partait en mini bus pour jouer un peu partout avec les potes de l’UNSS (…) Je suis vite passée en ceinture orange et ça m’arrivait de battre des ceintures marrons, c’était très satisfaisant et encourageant. »

« Cependant je ne me suis jamais dit que j’allais en faire au haut-niveau (…) Puis suite à une performance aux Championnats de France juniors, l’entraîneur national de l’époque Yves Delvingt, Responsable des Équipe de France féminine à l’époque, est allé voir mon professeur de club et lui a dit que j’avais un profil intéressant, et qu’il voulait que j’intègre l’INSEP. »

Comment combiner Licence de Droit et Judo ?

« Mes parents, mes frères et sœurs m’ont encouragé à le faire également, la seule condition était d’aller au moins à la licence. »

Il était alors impensable pour la championne de ne pas aller jusqu’au bout de sa licence. A force de détermination, de motivation et de soutien, Gévrise Emane a réussi à combiner ses deux objectifs de formation et de performance sportive, allant même jusqu’à l’obtention d’un Master 2.

« Combiner ma carrière sportive et ma formation professionnelle a toujours été un équilibre pour moi (…). La fédération et l’Insep m’ont accompagné et soutenu dans mes choix. »

Et l'après carrière ?

« Aujourd’hui je suis Professeure de Sport en poste à l’INSEP en charge du suivi socioprofessionnel des judokas du Collectif National, je suis également sur des missions d’entraînement en tant qu’ entraîneur National Cadets.

Mes missions sur la formation sont de plusieurs natures : jury d’examen, formatrice et conférencière. »

Après 16 ans de haut niveau, Gévrise Émane transmet maintenant son expérience sur les tatamis, mais aussi en dehors : « Il (le sportif) se doit d’appréhender le monde qui l’entoure, et ce qui est en lien direct avec sa pratique. »

Des regrets ?

« Il est vrai que je n’ai pas obtenu le saint Graal : le titre olympique, seule médaille qui manque à mon palmarès. »

Au cours de sa longue carrière sportive, un but l’a motivé, aller chercher l’or olympique : « Je n’en rêvais pas au prime abord quand je suis arrivée à l’INSEP, mais c’est quelque chose qui a grandi en moi petit à petit et c’est pour ça que j’ai continué aussi longtemps. »

Gévrise Émane a su se réadapter pour atteindre son objectif, jusqu’à changer de catégorie de poids et modifier sa façon de s’entraîner.

« Il y a eu beaucoup de changements et ça me donnait à chaque fois un regain d’envie pour aborder ce nouveau challenge à chaque fois. »

Malgré ses nombreux titres, il lui en manque un. Cependant, la triple championne du monde de Judo est fière de ce qu’elle a accompli : « je peux me regarder en face to face sans rougir. Vous me direz « il te manque l’or olympique » oui effectivement. Sans regrets.

J’ai tout donné pour aller chercher « le saint graal ». Mon discours n’aurait été différent si je n’avais pas de médaille olympique, elle est bien là, olympienne à vie! »

« Je retiens le parcours accompli, celle d’une jeune femme entrée à l’Insep à l’âge de 19 ans, qui n’avait pas prévu d’être sportive de haut-niveau, qui une fois avoir pris conscience de ses capacités a alimenté ce caractère de lionne et s’est construite entourée de ses proches, de ses entraîneurs, de ses partenaires, pour atteindre son rêve olympique. »

Gévrise et le monde associatif

« Je voulais finir sur une note qui me tient à cœur, le monde associatif. »

La judokate accompagne les enfants du jardin, association qui soutient les enfants atteints de maladies métaboliques ayant un régime alimentaire stricte à suivre basé sur un très faible taux de protéine.

Sous le collectif Solidario et avec l’aide de nombreux autres sportifs, elle soutient également l’ONG TerrAtiva qui oeuvre dans une favela de Moro de Fuba au Brésil en leur apportant de nouvelles activités culturelles et sportives mais également un soutient scolaire et une sensibilisation sur la nutrition.

Enfin, en tant que membre de la commission Judo for Peace de la Fédération Internationale de Judo, Gévrise « accompagne des actions menées par les fédérations nationales, et participe également à des actions sur des territoires, zones difficiles en utilisant le judo comme outil de cohésion sociale. »

Merci à Gévrise Émane 
Article tiré de Sans Filtre

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La team SKILBILL.

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